6 novembre 2009

Il pleut dans une bouteille à la mer.

il pleut dans une bouteille à la mer tu m'effeuilleras plus meurtrière veille à ce que dit anne diaphane qui dévale lente ineffable interdite élude entre nous soit dit sans s'inviter s'insérer sans serment mais je ne veux de ce vouloir-là mets tes cheveux à cheval sur le tapis et sa grande voile au vent have u ever been touchée lectrice vers les 10 langues s'enlacent sans se lasser pourtant parcourent les discours à pieds nus par les corps incarnés en cœurs encordés à l'accord du chœur correspondant à son nom auquel l'oreille accueille un son si clair et cueille l'écho de l'écureuil lisant à l'orée de la clairière sous l'éclair cisèle l'or et l'ivoire des âmes ourlées talentueusement par les clercs s'isolent hors du lieu-dit du lavoir des affectés à la lucide décision de van gogh et son pinceau raie l'ionosphère jusqu'à vous décupler le soleil en bouffées effrayantes de fêlures au faîte des fées sortilège vraiment au cartilage décent solfège en effet des cent elfes s'élèvent du sol enchantent les loges des législateurs qui à c't'heure ci-gît ce délateur zélé l'ai-je imaginé là juste au corps polarisé de l'aimant encore peu à peu réalise et dit à l'analyse que l'idée à l'isocèle ne dépose sur la joue qu'une dose élémentaire des merveilles éléphantines du firmament rigole en douce et toi la botte en touche égale à l'arc tectonique des lacustres tenaces et le leste à l'angle vers la pente roide depuis sa taverne à l'est herbe ou weed et lire au lit des billets si doux yes'n'no sir i don't mean maybe

mi 2008

5 novembre 2009

C'est un peu toujours la même chose.

C'est un peu toujours la même chose, une guitare électrique, une distorsion démente, comme les bourrasques qui expulsent loin et brutalement le stratus aussi pesant que la censure, plus monotone que la routine, désespérant comme la sécurité, mais on en crève de la sécurité! de ce blanc écran on n'en veut pas, on n'en veut plus, on le déchire et bienvenue aux contrastes des noirs, des gris, des bleus, des reflets de l'argent céleste et ses poissons, et le souffle, ah! le souffle comme la section rythmique, en excès de bpm, sur laquelle dansent les feuilles d'or, les feuilles d'automne pour la fête aux soleils sous n'importe quel angle, au diable! au diable! le calme et la sérénité pourvu qu'on ait l'ivresse, par moments la nausée, par moment comme l'âme russe en montagnes russes, des hauts, des cœurs, des hauts-le-cœurs et des bas, de si jolis bas noirs, oui mais avec des trous, des coupes d'iroquoises, des maquillages de guerre, des peintures d'amour, on s'y perd, on s'y perd, je m'y perds, je me suis perdu, mais depuis le début, oh le tout début que je suis perdu, perdu dans cette vie, égaré hors du néant, débarqué je ne sais comment dans cette impasse, tout passe, et je ne serais aussi vivant sinon, sinon un cyclone s'engouffre dans les étagères du libre-accès, et encore et toujours bienvenue, c'est fait pour ça, le moment est venu d'aérer tout ces livres poussiéreux, de désherber ces rayonnages trop chargés de dépôts légaux formé au fond de la vieille bouteille, la bouteille sans âge que l'on a bu la veille avant de se jeter à la mer, un messager à la mer, un verre d'eau à la trois et l'addition sur la terrasse, et pendant que l'un ramasse des sous, l'autre se souvient d'un vers qui pointait l'index là où tes dessous me terrassent, pour un instant, pour un instant seulement, parce que chez ces gens-là, on n'vit pas, non, on n'vit pas, on bulldozer les petits murets de pierres sèches, des petits murets d'un autre siècle, d'un autre monde. C'est un peu toujours la même chose...

2 novembre 2009

Il faut manger.

Je ne vais pas savoir comment te dire.

Je me suis perdu depuis si longtemps. Y a-t-il jamais eu un bon chemin?


Mieux vaut en rire. J'ai perdu le mode d'emploi des zygomatiques. Perdu le chemin. Perdu le mode d'emploi. Je suis perdu. Perdu-perdu, gnangnan-gnangnan.

J'ai beau faire le tour des points cardinaux: c'est l'impasse.

En ce moment, pour ne pas craquer complètement, je lis des choses comme ça. Et plein d'autres trucs qu'on trouve au même endroit, mais plus haut dans la hiérarchie (des dossiers et des sous-dossiers... Borges a écrit à quelque part qu'organiser une bibliothèque c'est faire de la critique silencieuse. Je suis pas convaincu: en rang, en ordre, c'est quelle classe vous déjà?).

Quand les larmes me rattrapent, c'est déjà que ça va un peu mieux. Avant, c'est les muscles comme du béton, armé le béton. Et le cerveau comme des artères urbaines aux heures de pointe. Des araignées dans les pots d'échappements. Pas d'échappatoire.

Dans ma tête, c'est déjà demain, c'est déjà trop tard.

L'autre, l'autre il avait dit de "renifler les plaisirs".



Il faudrait oublier demain. Mais c'est pas possible. Pas pour rien que pendant 20 ans j'ai sucé du oinj du matin au soir. C'est terminé. Pas trop de regrets, ce régime n'a jamais été très efficace.

Et il n'y en a pas de régime efficace.

Le pire c'est qu'après demain, y en a un autre qui s'amène. Le pire, aussi, c'est que c'était sensé aller mieux qu'avant. Seul tout seul, ou seul parmi les autres, ça change un peu. Mais tout le temps cette boule au ventre.

Il faut manger, tous les jours. Je serais bien parti, là, comme ça, les mains dans les poches, voir si les frontières se traversent. Je reste là. C'est trop tard.

Vouloir trop vivre, c'est tuant. Et tuer ce trop, c'est comme la chimio, c'est risqué.

Si encore j'arrivais à dormir profondément.

J'écris comme ça, l'air de quelqu'un qui aimerait bien une solution, une aide, quelque chose... et pourtant, je ne sais pas ce que je serais capable d'accueillir.

Non, je ne sais pas.


28 octobre 2009

Sans titre (pour cause de gorge nouée).

c'est un mec, y voudrait...
c'est un mec, l'a besoin...
c'est un mec, l'est en manque
à en être malade
eh mec
t'as fait quoi d'ta poésie
tu l'as laissée tomber
tu l'as abandonnée aux montres-charognes
aux délais-hyènes

ici dans ma tête
c'est la guerre
2 tyrans et 1 dictateur se disputent les manettes
rêvent de menottes
et j'en oublie
que je suis en vie

je reconnais mon autocensure
salut
et cette brûlure
au ventre
confusément je sens
j'ai peur d'y arriver

l'aiguille des secondes
hache tout sur son passage

19 octobre 2009

Une piqûre de rappel au seuil de l'extinction. (Traduction).

Une piqûre de rappel au seuil de l'extinction.

par Chris Hedges, le 18 octobre 2009
(traduction maison...)

Nous pouvons rejoindre Bill McKibben le 24 octobre pour la manifestation nationale contre l'augmentation des émissions de carbone. Nous pouvons réduire notre consommation de combustibles fossiles. Nous pouvons utiliser moins d'eau. Nous pouvons interdire les sacs en plastiques. Nous pouvons utiliser des ampoules fluocompactes. Nous pouvons faire un compost dans notre jardin. Mais tant que nous ne démantelons pas le pouvoir des multinationales [corporate state], toutes ces actions seront aussi inefficaces que les chemises de la Danse des Esprits [Ghost Dance] portées par les guerriers amérindiens pour se protéger des balles des soldats blancs lors de la bataille de Wounded Knee.

"Si nous attendons tous la grande et glorieuse révolution, il ne restera plus rien," m'a dit l'écrivain et le militant écologiste Derrick Jensen lorsque je lui ai téléphoné, chez lui en Californie. "Si tout ce que nous faisons est réformer, cette culture va être réduite à néant. Réformer est nécessaire, mais ce n'est pas suffisant. Nous devons utiliser tous les moyens nécessaires pour empêcher cette culture de tuer la planète. Nous avons besoin de viser et de démonter l'infrastructure industrielle qui démembre systématiquement la planète. La civilisation industrielle est incompatible avec la vie sur la planète, et elle assassine la planète. Nous devons faire tout ce qui est nécessaire pour arrêter cela."

L'industrie pétrolière et du gaz naturel, l'industrie du charbon, les fabricants d'armes, les fermes industrielles, les industries de la déforestation, l'industrie automobile et les usines chimiques ne vont pas accepter volontairement leur propre extinction. Elles sont indifférentes à la menaçante catastrophe humaine. Nous ne réduirons pas significativement les émissions de carbone en séchant notre linge dans le jardin et en faisant naïvement confiance à l'élite au pouvoir. Les multinationales vont continuer à cannibaliser la planète pour l'amour de l'argent. Elles doivent être stoppées par des formes organisées et militantes de résistances. La crise du réchauffement global est un problème social. Elle nécessite une réponse sociale.

Les États-Unis, après avoir rejeté le Protocol de Kyoto, ont continuer à augmenter leurs émissions de carbone de 20 % par rapport aux niveaux de 1990. Les pays de l'Union européenne lors de la même période ont réduit leurs émissions de 2 %. Mais les récentes négociations climatiques à Bangkok, dont le but est de conduire à un accord à Copenhague en décembre, ont fait échouer même les tièdes décisions de Kyoto. Kyoto est mort. L'UE, comme les États-Unis, ne seront plus liés par des objectifs communs de réductions d'émissions. Les pays vont décider unilatéralement leurs réductions. Ils soumettront leurs plans à une surveillance internationale. Et, alors que Kyoto faisait reposer le poids de la responsabilité sur les pays industrialisés qui ont créé la crise climatique, le nouvel accord traite tous le pays de la même manière. C'est un énorme pas en arrière.

"Toutes les soi-disantes solutions au réchauffement climatique considèrent le capitalisme industriel comme un fait," dit Jensen, qui a écrit "Endgame: The Problem of Civilization" et "The Culture of Make Believe". "Le monde naturel est supposé se conformer au capitalisme industriel. C'est insensé. C'est déconnecté de la réalité physique. Ce qui est réel est réel. N'importe quel système social - peu importe que nous parlions du capitalisme industriel ou du peuple Tolowa -, son mode de vie dépend du monde réel, physique. Sans monde réel, physique, vous n'avez rien du tout. Lorsque vous vous séparez du monde réel, vous commencez à halluciner. Vous croyez que les machines sont plus réelles que la vie réelle. Combien de machines se trouvent dans un rayon de 3 m autour de vous et combien d'animaux sauvages se trouvent dans un rayon de 100 m? Avec combien de machines avez-vous une relation quotidienne? Nous avons oublié ce qui est réel."

Les dernières études montrent que la couche de glaces polaires fond à une vitesse record et que dans une décennie l'Arctique sera une mer libre durant l'été. Ce qui ne nous laisse pas beaucoup de temps. La glace blanche reflète 80 % de la chaleur du soleil vers l'espace, alors que les eaux sombres n'en reflètent plus que 20 %, et absorbent donc une bien plus grande part de chaleur. Les scientifiques nous avertissent que la disparition de la banquise va considérablement changer les vents et les courants marins autour du monde. Et le permafrost qui se dégèle rapidement libère des colonnes de méthane depuis le fond marin le long de la côte russe. Le méthane est un gaz à effet de serre 25 fois plus toxique que le dioxyde de carbone, et certains scientifiques ont supposé que la libération de grandes quantités de méthane dans l'atmosphère pourrait asphyxier l'espèce humaine. L'élévation du niveau des océans, qui engloutira des pays comme le Bengladesh et les Iles Marshall et transformeront des villes comme New-Orleans en une nouvelle Atlantique, se combinera avec de graves sécheresses, de terribles tempêtes et inondations qui vont finalement déplacer plus d'un milliard de personnes. En résulteront souffrances, maladies et mort à une échelle encore jamais vue dans l'histoire humaine.

Nous pouvons sauver les forêts, protéger les espèces menacées et nettoyer les rivières, ce qui est bien, mais ne pas s'attaquer aux multinationales signifie que tous nos efforts seront vains. Ces ajustements individuels et ces croisades écologiques peuvent trop facilement devenir une étiquette de pureté morale, une excuse pour l'inaction. Ils peuvent nous permettre de nous absoudre du devoir plus difficile d'affronter le pouvoir des multinationales.

Les dommages causés à l'environnement par les ménages sont minuscules comparés aux dommages causés par les multinationales. Les municipalités et les individus utilisent 10 % de l'eau nationale [aux États-Unis] pendant que les 90 % restant sont consommés par l'agriculture et l'industrie. La consommation individuelle d'énergie ne correspond qu'au quart de la consommation totale; les trois-quarts restant sont consommés par les multinationales. Les déchets municipaux représentent seulement le 3 % de la production totale de déchets aux États-Unis. Nous pouvons, devrions, vivre plus simplement, mais ça ne sera pas assez si nous ne transformons pas radicalement la structure économique du monde industriel.

"Si votre nourriture vient du marché et l'eau du robinet, alors vous lutterez à mort pour défendre le système qui apporte ces biens jusqu'à vous parce que votre vie en dépend," dit Jensen, qui anime à travers le pays des ateliers appelés Deep Green Resistance [cliquez ici et ici] afin de construire un mouvement militant de résistance. "Si votre nourriture provient des champs et l'eau de la rivière, alors vous lutterez à mort pour défendre ces systèmes. Un système tyrannique, que nous parlions d'un homme violent envers son conjoint ou plus largement d'un système tyrannique, force ses victimes à être dépendantes de lui. Nous croyons que le capitalisme industriel est plus important que la vie."

Ceux qui dirigent les multinationales ont combattus les régulations environnementales aussi obstinément que les régulations financières. Ils sont responsables de notre appauvrissement personnel ainsi que de l'appauvrissement de notre écosystème. Nous sommes dépendants des combustibles fossiles grâce aux industries du pétrole, du gaz et de l'automobile et à un gouvernement contrôlé par les multinationales. Les espèces disparaissent. Les stocks de poissons s'épuisent. Le grand exode humain depuis les côtes marines et les déserts a commencé. Et, alors que la température continue d'augmenter, de grandes parties du globe vont devenir inhabitables. Le spécialiste du climat de la NASA James Hansen a démontré qu'une concentration de dioxyde de carbone dans l'atmosphère supérieure à 350 parties par million n'est pas compatible avec le maintien de la biosphère "qui a vu se développer la civilisation sur la planète et à laquelle la vie est adaptée". Il a déterminé que le monde doit arrêter complètement de consommer du charbon en 2030 - et le monde industrialisé bien avant - si nous voulons avoir l'espoir de ramener cette concentration en dessous de ce chiffre de 350. Le charbon produit la moitié de l'électricité aux États-Unis.

"Nous devons nous séparer du gouvernement au profit des multinationales qui est en train de tuer la planète," dit Jensen. "Nous devons devenir réellement sérieux. Nous sommes en train de parler de la vie sur la planète. Nous devons fermer l'infrastructure pétrolière. Ça m'est égal, et ça l'est également du point de vue des arbres, si nous le faisons au moyen de procès, de boycotts massifs ou de sabotages. J'ai demandé à Dahr Jamail combien de temps durerait un pont en Iraq qui ne serait pas défendu. Probablement 6 à 12 heures, m'a-t-il répondu. Nous devons rendre le système économique, qui est le moteur d'une si grande part de destruction, ingérable. Le Movement for the Emancipation of the Niger Delta [en français ici] a réussi à réduire la production de pétrole du Nigéria de 20 pourcent. Nous devons stopper l'économie basée sur le pétrole."

L'écosystème ne meurt pas parce que nous avons encore un séchoir à la cave. Il meurt parce que les multinationales regardent tout, depuis les êtres humains jusqu'à l'environnement naturel, comme des marchandises exploitables. Parce que la consommation est le moteur des profits des multinationales. Nous avons permis aux multinationales de vendre l'idée que la crise environnementale est du domaine du choix individuel alors qu'en réalité une réforme sociale et économique profonde est nécessaire. Nous sommes maintenus dans l'impuissance.

Alexandre Herzen [en français ici], s'adressant il y a un siècle à un groupe d'anarchistes russes qui cherchaient à renverser le tsar, rappela à ses camarades qu'ils n'étaient pas là pour sauver le système.

"Nous pensons que nous sommes les médecins", disait Herzen. "Nous sommes la maladie."

Des abeilles et des hommes. (eh...)

Ah! C'est chouette les vacances, y pas à dire! Mes premières vacances depuis... pfouou... depuis... la toute première année du millénaire, 2001. Yep.
Et alors, ce matin, un petit levé tranquille, sans programme préétabli. Je me prépare mon petit-dèj (dans mon pays on dit déjeuner, mais je traduis, hein) et hop je me plante devant mon petit écran interactif pour lire...
Non, avant de lire, un peu de musique. En préparant mon repas matinal, je pensais au texte d'hier, à l'énergie, et du coup je me suis souvenu des guitaristes électriques du désert: Ali Farka Touré, Tinariwen, Toumast... C'est bien l'électricité.



... pour lire un florilège numérique de quotidiens. Diverses choses, le train-train habituel, entre crimes de guerre, impunité, forclosures, une petite histoire des péplums, etc.
Et je tombe sur un article étonnant, début d'une drôle d'aventure. Sur le toit d'un bâtiment au centre ville, un plasticien a installé... des ruches. Pour faire du miel de ville, du miel de béton. Ça marche bien paraît-il. L'animal (le plasticien...) n'en est pas à son premier essai.
Je vous mets ci-dessous un bref extrait de l'article, mais je conseille néanmoins d'aller le lire en entier, c'est pas très long et il est bien écrit. Extrait:
C'est au tournant du siècle qu'il tente ses premières installations en région parisienne, à Saint-Denis. Aujourd'hui, quatre millions d'abeilles – pour une ville de 80 000 habitants – y vivent dans les 45 ruches installées sur le toit de la mairie. «Faiseur d'images» à l'origine, Darné se retrouve fabricant de miel. Car la production se révéle abondante, bien plus qu'elle peut l'être en milieu rural. «A 1,70 m du sol, le ville nous paraît surtout bétonnée. Or les abeilles trouvent où butiner. Elles soulignent ainsi les limites de notre perception.» Le nectar urbain a aussi révélé une concentration en pollen plus de dix fois plus élevée que son équivalent rural; et le Miel des villes coiffe régulièrement le miel des champs au Concours régional agricole. Perplexe, le milieu scientifique a mené pendant trois ans un protocole de vérification. «Mais il ne s'agit pas de jouer la ville contre la campagne: le drame est bien que celle-ci, éreintée de monocultures et de pesticides, ne nourrisse plus les apiculteurs.»

Ici, à Genève, il nomme son action artistique en s'adaptant au contexte: la banque du miel. Il est même possible de s'y ouvrir un compte d'épargne abeilles (pdf) qui transforme votre argent en miel. Très fort, ça. Un miel a faire fondre dans votre absinthe, histoire de bien mélanger la douceur dans l'amer... Le roi dollar est mort, vive la fée verte!

Délire poétique? Qui a dit que la poésie était délirante? Hein, qui l'a dit? Non, la poésie ne délire pas, elle est sérieuse et... partisane, ben oui. La poésie prend parti, le parti poétique.

Ce serait plutôt la technologie qui délire... et son délire est morbide. Sur la page de la banque du miel, on trouve la partie 00/20 du film "Le Titanic apicole". Les partie 01 à 19 se trouvent sur Youtube. [Pour le reste, on peut suivre les parties assez facilement, bien que j'ai rencontré un petit problème pour la partie 17, je ne sais pas pourquoi, et donc la partie 17 est ici sous le numéro 17].

On a tous entendu parler de la mort massive des abeilles. On a également tous entendu parler de l'intoxication générale par les biocides, à savoir les pesticides, herbicides, fongicides, insecticides... Vous avez peut-être même déjà entendu parler du ou vu le film en question. Moi pas. Et je l'ai trouvé fort bien fait. En le regardant je me suis souvenu d'avoir lu il y a quelques années un article dans La Revue Durable qui parlait de la présence de pesticides dans l'eau, l'eau de pluie (ce qui fait qu'on trouve des pesticides même où on n'en répand pas) et dans l'eau du robinet. Et ça a un effet sur le développement des fœtus humains. L'article parlait de fœtus qui changeaient de sexe au cours de leur développement. Et il donnait une proportion assez alarmante, mais comme j'en parle de mémoire, je ne citerais pas de chiffre.
Si comme moi, vous n'avez pas vu ce film, prenez le temps de le regarder, ça vaut la peine.

L'agriculture, au début, ça servait à nourrir les gens. Puis, c'est devenu une activité pour enrichir quelques-uns au détriment de tous. Faut choisir... Un article sur contreinfo.info, "Pourquoi une faim galopante au XXIe siècle et comment l’éradiquer ? par Éric Toussaint, Damien Millet" précisait que:
Eradiquer la faim, c’est tout à fait possible. Les solutions fondamentales pour atteindre cet objectif vital, passent par une politique de souveraineté alimentaire et une réforme agraire. C’est-à-dire nourrir la population à partir de l’effort des producteurs locaux, tout en limitant les importations et les exportations.
Il faut que la souveraineté alimentaire soit au cœur des décisions politiques des gouvernements. Il faut se baser sur les exploitations agricoles familiales utilisant des techniques destinées à produire des aliments dits « bio » (ou « organiques »). Cela permettra en plus de disposer d’une alimentation de qualité : sans OGM, sans pesticides, sans herbicides, sans engrais chimiques. Mais pour atteindre cet objectif-là, il faut que plus de 3 milliards de paysans puissent accéder à la terre en quantité suffisante et la travailler pour leur compte au lieu d’enrichir les grands propriétaires, les transnationales de l’agrobusiness et les commerçants. Il faut aussi qu’ils disposent, grâce à l’aide publique, des moyens pour cultiver la terre (sans l’épuiser).

J'ai vu que 2Casa a fait une moisson d'articles en lien avec le thème de la faim et de l'agriculture (ce commentaire et les suivants) tout à fait intéressants. Cette histoire de concentration de la propriété des terres agricoles est très inquiétante. Sur contreinfo.info, encore une fois, avait été publié "Les fonds spéculatifs s'attaquent à l'agriculture" où l'on apprenait que 50 % des terres fertiles appartenaient à 4 % des propriétaires. Charmant.
Il y avait aussi eu, quelques mois auparavant, toujours sur contreinfo.info, "Main basse sur les terres agricoles à l'échelle mondiale".

En effet, la concentration des richesses, d'un côté ce n'est pas un vain mot. D'un autre côté, c'est une expression trompeuse, parce qu'elle ne souligne pas assez clairement que la concentration des richesses est en réalité un fantastique partage de la pauvreté, et en définitive de la mort. Nous n'avons pas les moyens d'assurer l'existence d'un milliardaire, alors d'un milliers de milliardaires.

Pour finir ce billet chaotique, à ma ressemblance, un poème qui date de fin 2004 début 2005 : la fin de l'écriture:
lorsque l'écriture ne sera plus
du papillon et de la chenille ne sera plus du tout question
et qu'importe ?
chienne de vie je t'aime
ô jour d'hui aux jours d'hui et de nuit
époque si désespérée qu'on se réchauffe d'étincelles
des brins de folies presque à prendre au sérieux
un énorme désir de respiration
de n'avoir que ce que je deviens
pour celles et ceux qui naissent maintenant et maintenant
partout autour de cette immense petite planète
nous n'avons pas les moyens de ces illusoires richesses
nous n'avons pas les moyens de cette haine infernale et collective
nous n'avons pas les moyens de ces utopies mielleuses
nous avons les moyens de vivre
avec beaucoup moins nous ferons bien plus
car nous sommes des animaux mortels
chienne de vie je t'aime
et lorsque l'écriture ne sera plus
l'écriture sera encore autre et nouvelle
des mondes sans moi
"salve !"

L'expression "du papillon à la chenille" voulait exprimer qu'il ne serait peut-être pas mauvais de nous mettre à évoluer à l'envers, de déprogresser, histoire de progresser. Au fond, une chenille, c'est beau, non? C'est pas moins beau qu'un papillon. Nom d'un singe!

Bon, je vous laisse, j'ai une balade à faire au soleil, maintenant que le stratus s'est déchiré.



Oh mon Dieu, vous êtes malheureux
Vous avez mal à l'âme
Et le corps malade
Vous ne devriez pas accepter cet état
Vous devriez changer
Vous devriez bouger
Avant d'en être là
Oh mon Dieu
concentrez-vous sur votre vie
Soyez sincère et regardez votre mal
C'est la souffrance de votre sœur
Celle des enfants qui naissent
Celle des vieux
J'y ai tant pensé
Réveillez-vous, ces années de sommeil
Vous ont affaibli
C'est le poison dans votre sang
Vous dormez
Portant sur votre dos
Votre souffrance silencieuse
Ne cachez plus votre douleur
Moi je le dis avec mon cœur
sincère et ouvert

18 octobre 2009

"...Je suis comme je suis, lalalala..."

Je m'assieds devant l'ordinateur allumé, j'ouvre le navigateur Internet sur la page d'un moteur de recherche; j'y entre une requête, frappe la touche "return" comme on "launch" le missile d'un drone piloté depuis une console au pentagone, et, simultanément ou tout comme, s'affichent les résultats, "ranked", merci Page. Moins serait un scandale. Combien de morts? Combien de cibles atteintes? Combien de dégâts collatéraux? Quelle consommation d'énergie? Quel impact sur l'environnement?

Trop de questions, trop de bruit, veuillez précisez, si possible jusqu'à trouver le silence, la paix, le luxe, le calme et la sérénité. Vous êtes prié d'y parvenir rapidement et d'accepter avec gratitude un bon de consommation. Ne menacez pas l'ordre public. N'inversez pas les choses, c'est l'ordre public qui vous menace, ne l'oubliez pas.

Un jour la Terre... un jour la Terre est allée voir le docteur. Elle ne se sentait pas bien, la Terre. Le docteur l'a auscultée, a fait quelques prises d'atmosphère, de glaces polaires, de sédiments et d'eau, et il a envoyé tout ça au laboratoire. "Je vous appelle dès que j'ai les résultats" a dit le docteur à la Terre. Et la Terre, elle est retournée sur son orbite, un drôle de nœud au ventre.

En attendant, je vous propose une petite entracte audiovisuelle, un gaspillage inutile d'énergie. La goutte qui a fait déborder le vase a déjà eu lieu, alors, on continue, non?



There's a devil on my shoulder making me dance
There's a spring in my step up to heavy hearts

Appointments and deadlines sprout up like weeds
Can't tell what I want from what I need

Find a place in my head that's less wrong than right
No more living, living at the speed of light

It's been 10,000 years since we first walked upright
Built a home, built a lamp that will tell day from night
Take from this world that was made
Before it's chewed up and spat up on the way

In a world that's forever inventing the wheel
Look for guilty and changing that's gotta stay real
Find a place in my head that's less wrong than right
No more living, no more living at the speed of light


And if you follow the whims of the man at the top
End up stealing and dealing and losing their blood
Chasing and chasing a dream you once had it's mad
See the circles you ran

Gonna run to the city of permanent joy
All deadlines fall victim and time is destroyed
By the place in my head that's less wrong than right
No more living, no more living at the speed of light

You sell the freedom at gunpoint I ain't gonna buy
You shout in my ear i just stare at the sky
From the place in my head that's less wrong than right
I ain't living, I ain't living at the speed of light


Fin de l'entracte. Le docteur a reçu les résultats. Il appelle la Terre. "Pas étonnant que vous ne vous sentez pas bien! Vous avez un méchant truc très malin, général et phase terminal. Contre l'Homme, pas de cure connue. Je vous conseille de prier. Vous pouvez aussi multiplier les catastrophes, naturellement, ça peut aider." Et le docteur pense dans sa tête que la Terre aurait dû suivre les conseils du petit Prince, et prendre le mal par la racine, comme avec les baobabs, se débarrasser de l'Homme quand il était encore temps, il y a 1 millions d'années. Au plus tard il y a 200'000 ans, dernier délai avant l'IVH, l'interruption volontaire d'hominido-calamité. On attend la révolution industrielle, et voilà, c'est déjà trop tard!
Mais ça le docteur, il le pense dans sa tête. Il ne le dit pas à la Terre, le docteur il se dit que ce n'est pas nécessaire de la culpabiliser la Terre.

Principe anthropique fort. Les constantes universelles ont été finement réglées, afin que l'évolution produise l'Homme, afin que l'Homme s'autodétruise, mais en bousillant le plus de possibilités de vie autour de lui, sur son petit caillou qu'on dit bleu. Tout ça (l'Univers, quand même c'est pas rien et ses, paraît-il, 15 milliards d'années) pour ça. Le sommet de l'évolution ne dure qu'un instant. Et puis après? Ben... plus rien, enfin du point de vue du sommet de l'évolution qui ne sera plus là pour observer quoi que ce soit. Alors, c'est-y pas beau notre si fantastique capacité de conscience? Fort utile, n'est-il pas? Transcendant, non?

Non.

Je fais attention à mes achats, légumes de saison, provenance régionale... Je trie, le mieux que j'y arrive mes déchets. J'ai la chance de ne pas avoir les moyens de posséder une voiture, ni de partir en voyage. Pourtant, pourtant, je fais quand même partie des surconsommateurs. Je fais une formation pour un métier gourmand en énergie et en eau, un métier qui ne parle que de "virtuel" et "d'immatériel", un des métiers qui produit, transforme, gère et distribue l'information. On ne parle évidemment jamais de l'empreinte écologique d'un octet ou d'un centre de documentation. Vais-je arrêter cette formation? Bien sûr que non, sauf en cas d'échec.

Le monde des bibliothèques et des médiathèques s'intéresse de près aux puces RFID. Un petit article intéressant en lien à la chose: RFID et bibliothèques. A Genève, les médiathèques ont déjà équipés leurs documents de puces RFID ce qui accélère le processus de prêt de manière spectaculaire. Emprunter 20 CD se fait à une vitesse surprenante. Il suffit de déposer le CD sur une plaque reliée à un ordinateur pour que celui-ci reconnaisse le CD... Quel est le coût environnemental de la production d'une seule de ces puce RFID? Quantité d'eau nécessaire? De pétrole? De produits toxiques?

Quelle est la consommation quotidienne d'énergie nécessaire à l'existence d'un misérable blog inutile comme celui-ci? Il est interdit de fumer dans un lieu public fermé. Ouf, je suis rassuré...

A suivre...

Et en attendant encore un petit gaspillage d'énergie, pour un son pas parfait, désolé, mais la performance mérite qu'on s'y attarde un peu. Selva Ganesh, c'est pas n'importe qui:



A+

17 octobre 2009

Ralentir. (Sixtoo - Duration)

retrouver son calme
ralentir ralentir ralentir
ra
len
tir
voler
dérober
quelques minutes
à la timbreuse regarder
le ciel tourmenté
ses gris son écume sa noirceur
et la brèche
de lumière
le souvenir de la chaleur
le rappel que
there's more to life than this
un magnolia vert jaune rouge et brun
son dernier automne d'ici le printemps les pelles mécaniques...
un magnolia en splendeur tranche
sur le fond gris-noir
du premier plan à l'arrière plan
espace
comme les poumons qui s'emplissent
d'un soupir
vaste

à quoi ça tient
un tout petit peu
de courage
le milligramme nécessaire
in
dis
pen
sable
c'est impensable

sur la courte longueur d'une vie
combien d'instants éphémères
es-tu en vie

météores
j' arcboute mon vélo contre le vent
par bourrasques
par embrassades
vives et froides
dans le petit matin
même la pluie est une fidèle amie
vivement le givre vivement le gel
pour me soigner du béton
pour me soulager du néon
pour apprivoiser le néant
seul point d'appui
pas trop traitre
juste ce qu'il faut
ni moins ni plus

j'avais oublié
ah
j'avais oublié
à quel point ces journées
rouleaux compresseurs en goutte-à-goutte
l'air de rien
tuent
l'air de rien

quelle fatigue
que de surmonter la fatigue
j'avoue parfois j'abandonne
je mets un genou à terre
et m'isole derrière
ma vieille carapace
où je retrouve l'angoisse
et la honte

à 2 doigts

puis à 1 doigt et demi
mais toujours là

une brève rencontre
une surprise
une offrande
sur un sourire dans un couloir
vers le paradis
des bibliographies

et courir
dans le froid
constater que l'unique devoir
est de tenir
qu'importe l'aisance
qu'importe la performance
rien d'autre que tenir
laisser la porte ouverte
à la possibilité
d'un courant d'air
rien qu'un courant d'air
...
merci

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11 octobre 2009

Un dimanche noir de plus.

Depuis le temps on a l'habitude. A chaque fois qu'on sort, remplit et vide les urnes, c'est la même rengaine: noirceur.

Ah, non, pas le noir de l'anarchie. Le noir des idées noires.

Et hop, voilà une deuxième législature de suite sans gauche. Un gros poids à droite, très à droite. Les plus dégoûtants marquent des points. Vomir sur le frontalier, ça paie. Pas de surprise.

Et les verts aussi. Pas le vert de l'islam, non, pas celui de l'espoir non plus remarque. Un vert, genre feu vert: en route pour la catastrophe, avec le sourire! Plus (+) de hedge funds pour financer un ou deux écoquartiers pour bobo petits propriétaires, et surtout, surtout, de la croissance, un beau New Deal vert, genre estampillé Pinault-Printemps-Redoute. Du pétrole vert, de la pollution verte, un capitalisme vert, vive le système technologique repeint en vert. L'écologie? C'est quoi ça?

Je me réjouis de mon cancer futur. Si tu ne comprends pas laisse béton.

Alors avec un centre mou qui penche à droite (vert-rose-PDC) et une grosse tache brune bleue qui penche encore plus (libéraux-MCG-UDC-PRD), ça promet pour 4 ans super chouettes.

Ben oui. Y a pas que Berlussolini et Sarkonazy, y a aussi le Staufführer, un sacré chauffard, sans oublier le Jornodre nouveau.

Comme dit un ami: "Eh oui, on se fait vieux... mais vu l'avenir qui se prépare, je parierais pas qu'on soit perdant!" Moi non plus.

Jean Druon, Alerte à Babylone, 2005.

Jean Druon, Alerte à Babylone, 2005

partie 1

Les partie 2 à 6 se trouvent facilement à côté.

La page wiki du film.