Je m'assieds devant l'ordinateur allumé, j'ouvre le navigateur Internet sur la page d'un moteur de recherche; j'y entre une requête, frappe la touche "return" comme on "launch" le missile d'un drone piloté depuis une console au pentagone, et, simultanément ou tout comme, s'affichent les résultats, "ranked", merci Page. Moins serait un scandale. Combien de morts? Combien de cibles atteintes? Combien de dégâts collatéraux? Quelle consommation d'énergie? Quel impact sur l'environnement?
Trop de questions, trop de bruit, veuillez précisez, si possible jusqu'à trouver le silence, la paix, le luxe, le calme et la sérénité. Vous êtes prié d'y parvenir rapidement et d'accepter avec gratitude un bon de consommation. Ne menacez pas l'ordre public. N'inversez pas les choses, c'est l'ordre public qui vous menace, ne l'oubliez pas.
Un jour la Terre... un jour la Terre est allée voir le docteur. Elle ne se sentait pas bien, la Terre. Le docteur l'a auscultée, a fait quelques prises d'atmosphère, de glaces polaires, de sédiments et d'eau, et il a envoyé tout ça au laboratoire. "Je vous appelle dès que j'ai les résultats" a dit le docteur à la Terre. Et la Terre, elle est retournée sur son orbite, un drôle de nœud au ventre.
En attendant, je vous propose une petite entracte audiovisuelle, un gaspillage inutile d'énergie. La goutte qui a fait déborder le vase a déjà eu lieu, alors, on continue, non?
There's a devil on my shoulder making me dance
There's a spring in my step up to heavy hearts
Appointments and deadlines sprout up like weeds
Can't tell what I want from what I need
Find a place in my head that's less wrong than right
No more living, living at the speed of light
It's been 10,000 years since we first walked upright
Built a home, built a lamp that will tell day from night
Take from this world that was made
Before it's chewed up and spat up on the way
In a world that's forever inventing the wheel
Look for guilty and changing that's gotta stay real
Find a place in my head that's less wrong than right
No more living, no more living at the speed of light
And if you follow the whims of the man at the top
End up stealing and dealing and losing their blood
Chasing and chasing a dream you once had it's mad
See the circles you ran
Gonna run to the city of permanent joy
All deadlines fall victim and time is destroyed
By the place in my head that's less wrong than right
No more living, no more living at the speed of light
You sell the freedom at gunpoint I ain't gonna buy
You shout in my ear i just stare at the sky
From the place in my head that's less wrong than right
I ain't living, I ain't living at the speed of light
Fin de l'entracte. Le docteur a reçu les résultats. Il appelle la Terre. "Pas étonnant que vous ne vous sentez pas bien! Vous avez un méchant truc très malin, général et phase terminal. Contre l'Homme, pas de cure connue. Je vous conseille de prier. Vous pouvez aussi multiplier les catastrophes, naturellement, ça peut aider." Et le docteur pense dans sa tête que la Terre aurait dû suivre les conseils du petit Prince, et prendre le mal par la racine, comme avec les baobabs, se débarrasser de l'Homme quand il était encore temps, il y a 1 millions d'années. Au plus tard il y a 200'000 ans, dernier délai avant l'IVH, l'interruption volontaire d'hominido-calamité. On attend la révolution industrielle, et voilà, c'est déjà trop tard!
Mais ça le docteur, il le pense dans sa tête. Il ne le dit pas à la Terre, le docteur il se dit que ce n'est pas nécessaire de la culpabiliser la Terre.
Principe anthropique fort. Les constantes universelles ont été finement réglées, afin que l'évolution produise l'Homme, afin que l'Homme s'autodétruise, mais en bousillant le plus de possibilités de vie autour de lui, sur son petit caillou qu'on dit bleu. Tout ça (l'Univers, quand même c'est pas rien et ses, paraît-il, 15 milliards d'années) pour ça. Le sommet de l'évolution ne dure qu'un instant. Et puis après? Ben... plus rien, enfin du point de vue du sommet de l'évolution qui ne sera plus là pour observer quoi que ce soit. Alors, c'est-y pas beau notre si fantastique capacité de conscience? Fort utile, n'est-il pas? Transcendant, non?
Non.
Je fais attention à mes achats, légumes de saison, provenance régionale... Je trie, le mieux que j'y arrive mes déchets. J'ai la chance de ne pas avoir les moyens de posséder une voiture, ni de partir en voyage. Pourtant, pourtant, je fais quand même partie des surconsommateurs. Je fais une formation pour un métier gourmand en énergie et en eau, un métier qui ne parle que de "virtuel" et "d'immatériel", un des métiers qui produit, transforme, gère et distribue l'information. On ne parle évidemment jamais de l'empreinte écologique d'un octet ou d'un centre de documentation. Vais-je arrêter cette formation? Bien sûr que non, sauf en cas d'échec.
Le monde des bibliothèques et des médiathèques s'intéresse de près aux puces RFID. Un petit article intéressant en lien à la chose:
RFID et bibliothèques. A Genève, les médiathèques ont déjà équipés leurs documents de puces RFID ce qui accélère le processus de prêt de manière spectaculaire. Emprunter 20 CD se fait à une vitesse surprenante. Il suffit de déposer le CD sur une plaque reliée à un ordinateur pour que celui-ci reconnaisse le CD... Quel est le coût environnemental de la production d'une seule de ces puce RFID? Quantité d'eau nécessaire? De pétrole? De produits toxiques?
Quelle est la consommation quotidienne d'énergie nécessaire à l'existence d'un misérable blog inutile comme celui-ci? Il est interdit de fumer dans un lieu public fermé. Ouf, je suis rassuré...
A suivre...
Et en attendant encore un petit gaspillage d'énergie, pour un son pas parfait, désolé, mais la performance mérite qu'on s'y attarde un peu. Selva Ganesh, c'est pas n'importe qui:
A+